intolérances

Etude des différentes techniques pour détecter ses intolérances alimentaires

 

    Connaître la liste des aliments qu’on ne tolère pas permet d’adapter son alimentation à ses propres besoins spécifiques, à son propre microbiote. Le fait de savoir, par exemple qu’un radis pourrait nous être plus nocif qu’une portion de frite, remet en perspective les modes d’alimentation actuels. En effet, il nous est transmit dans nos sociétés actuelles tout un tas de messages de type « manger au moins 5 fruits et légumes par jour », il ne faut pas manger de la « malbouffe » etc… Le problème c’est que l’alimentation est quelque chose de très personnel et qui varie tellement d’une personne à l’autre qu’on ne peut décemment pas « balancer » des messages aussi génériques. Chacun à ses propres besoins énergétiques en fonction de son sexe, de son âge, de son activité oui, c’est un fait admis de tous. Ce qu’on « oublie » de préciser c’est qu’une alimentation, aussi équilibrée fût-elle pourra parfaitement convenir à l’un, mais être totalement délétère pour l’autre. Il faut arrêter les généralités diététiques. Se nourrir est quelque chose d’individuel et on ne peut absolument pas généraliser comme c’est souvent le cas : il y a autant de façon de se nourrir qu’il y a d’être vivant sur Terre. De plus, sous l’angle des intolérances alimentaires, quelle alimentation peut-on qualifier de « malbouffe » ? Le burger de quelqu’un qui tolère les ingrédients qu’il contient ou les crudités de quelqu’un d’autre qui lui ne tolère pas les crudités et qui lui seront donc nocifs… ?

Savoir quels aliments me seront nocifs va me permettre donc d’adapter mon alimentation et ainsi de réduire considérablement l’inflammation de mon système, résultant de l’agression répétée par des aliments non tolérés. Si mon organisme n’est plus agressé en permanence, qu’il n’est plus enflammé tout le temps, il va pouvoir mieux lutter contre les pathologies dont je suis déjà atteint(e) ou qui pourraient vouloir pointer le bout de leur nez. Connaître ses intolérances aura donc à la fois un effet curatif (si on est déjà malade) mais aussi un effet préventif non négligeable…

Voici un petit tour d’horizon de ces techniques :

 

La technique de la prise de pouls

J’ai déjà rédigé un article sur le sujet, si tu es intéressé, voici le lien : http://lecercledesinto-chiants.com/non-classe/detecter-soi-meme-intolerance-alimentaire-prenant-pouls

1 : Déterminer le pouls de base, qui est le pouls au réveil

Prendre le pouls là où il est le plus perceptible, comme par exemple au poignet, au cou ou à la tempe. Le compter durant une minute complète et toujours assis (sauf au lever le matin).

Un élément peut être contraignant : celui que le pouls au lever soit déjà élevé, signe que des allergènes ont été consommés la veille ou certains non alimentaires sont présents (tels de la poussière ou divers produits dont la liste peut être bien longue). Il est conseillé d’être attentif à cette augmentation de pouls hors repas ainsi qu’aux différents produits utilisés. Noter que ce qui cause le plus fréquemment une augmentation du pouls à part les aliments est le tabac. Le test peut être biaisé chez les fumeurs.

2 : Prendre le pouls juste avant chaque repas, trois fois après chaque repas à intervalles d’une demi-heure, et avant le coucher.

3 : Noter le seuil maximal du pouls; 84 = seuil de l’allergie.

4 : Noter les écarts entre chaque prise, nommé champ de variation. Celui-ci est normalement de 16 pour les personnes non-allergiques.

5 : Faire un relevé de tous les aliments consommés à chaque repas et continuer pendant 3 jours à noter le pouls et les aliments au cours des trois repas normaux ;

Pendant les 2 jours suivants, pratiquer des tests avec des aliments isolés consommés à chaque heure (petite quantité), surtout ceux qu’on soupçonne, mais aussi ceux consommés quotidiennement.

6 : Pendant 4 jours, ne consommer que des aliments que l’on tolère, selon les derniers relevés, aux heures régulières des repas.

7 : Suite à cette procédure, on est en mesure d’avoir une liste d’aliments à écarter. On peut maintenant vérifier seulement nos pouls minimaux, maximaux et les champs de variation.

La méthode nécessite une observation et une connexion avec son corps, mais le jeu en vaut largement la peine.

 

Avantages et inconviénients

 

Avantages :

– Gratuite

– Permet d’apprendre à prendre son pouls (lol)

– Peut se faire seul (pas besoin de laboratoire)

Inconvénients :

– Peu fiable : un certain nombre de facteurs peuvent modifier le « pouls de base » ainsi que le pouls aux différents moments de la journée

– Difficile de dire du coup à quel aliment on est intolérant…

– Demande un peu de dextérité pour prendre correctement son pouls

– Demande d’avoir une bonne connexion et connaissance de son corps

 

L’éviction

 

La technique est plutôt simple : supprimer durant quelques mois (en général on parle de 3 mois) de son alimentation, un à un, les aliments pour lesquels on soupçonne une intolérance.

 

Avantages et inconvénients

 

Avantages :

– Gratuit

– Peut suffire si on ne souffre que d’une ou deux intolérances

– Peut se faire seul (pas besoin de laboratoire)

Inconvénients :

– Peu fiable si on souffre de multiples intolérances car, on risque de remplacer un aliment que l’on ne tolère pas par un autre que l’on ne tolère pas non plus mais qu’on ne soupçonnait pas…

– Demande du temps avant d’avoir un début de réponse

 

Les tests sanguin

 

   On peut aujourd’hui grâce à une simple prise de sang établir avec précision la liste de tous les aliments qui nous sont nocifs. Plusieurs tests existent et plusieurs laboratoires pratiquent ces tests. Les avis sont partagés concernant ces tests. En ce qui me concerne je pense que ça reste la solution la plus simple et la plus efficace pour établir sa propre « carte d’identité alimentaire » en fonction de son système immunitaire. Lors de ces tests, le sang prélevé va être mis en contact avec les antigènes de différents aliments et on va relever, pour chaque aliment, le taux d’IgG présent dans le sang après ce contact. Plus le taux d’IgG est élevé et plus on est intolérant à cet aliment.

Plusieurs laboratoires proposent ces tests. Les plus connus sont : 

Le laboratoire Barbier à Metz : propose plusieurs tests d’intolérances alimentaires : le test Imupro 100 (90 aliments, conservateurs, additifs), Imupro 200 (180 aliments, conservateurs, additifs), Imupro 300 (270 aliments conservateurs, additifs). Il propose également des tests d’intolérances alimentaires avec des panels plus réduits (donc moins cher et donc plus accessible) : panel de 20 aliments, de 60 aliments, de 100 aliments ou de 223 aliments. 

Concernant les tarifs : Imupro 100 :  250 €, Imupro 200 : 404 €, Imupro 300 : 516 €. Pour les panels plus restreins : Into 20 : 79 €, Into 60 : 170 €, Into 100 : 205 €, Into 223 : 220 €

Comment procéder ? Tout d’abord, aller sur leur site pour demander un kit d’analyse : http://laboratoirebarbier.com/kitanalyses.html. Le kit comprend le nécessaire pour faire la prise de sang (un seul tube suffira), il n’y a plus cas faire la prise de sang dans un laboratoire près de chez soi et envoyer le tube de sang, bien emballé avec les pochettes fournies et envoyer le tout par la poste. ATTENTION : Il est bien expliqué de ne surtout pas envoyer son kit en fin de semaine car, il risque de rester bloquer à la poste pour le week-end et d’arriver inutilisable car le sang à température ambiante ne se conserve pas longtemps… Les résultats nous sont envoyés par courrier sous 15 jours.

Comment se présentent les résultats ? Selon le test choisi, les résultats ne se présenteront pas de la même manière. Personnellement, j’ai fait le test « Into 223 » et mes résultats se présentent sous la forme d’un tableau listant tous les aliments ayant été testés. Il y a 5 catégories; chacune d’une couleur spécifique. Les valeurs sont en U/mL. 

La première catégorie concerne les aliments pour lesquels il y a une absence d’intolérance. Cette catégorie est de couleur verte et concerne les aliments dont les valeurs sont inférieures à 24.

La seconde catégorie concerne les aliments qui sont limite. Elle est de couleur jaune et concerne les aliments dont les valeurs sont comprises entre 24 et 30

La troisième catégorie concerne les aliments pour lesquels l’intolérance est modérée. Elle est de couleur orange et concerne les aliments dont les valeurs sont comprises entre 30 et 55.

La quatrième catégorie concerne les aliments pour lesquels l’intolérance est élevée. Elle est de couleur rose et concerne les aliments dont les valeurs sont comprises entre 55 et 80.

La dernière catégorie concerne les aliments pour lesquels l’intolérance est très élevée. Elle est de couleur violette et concerne les aliments dont les valeurs sont supérieures à 80.

Et, pour chaque aliment, ils ne se contentent pas de nous dire dans quelle catégorie ils se situent, il donne les valeurs exacte trouvées, ce qui permettra de voir une évolution si on refait le test dans quelques années. Ce qui permet également de voir les aliments tolérés, mais qui se rapprochent de la limite et de ce fait, d’en limiter un peu la consommation pour ne pas développer une intolérance réelle.

Le laboratoire R-Biopharm France (le laboratoire qui a mis au point le test Imupro) : propose leurs tests (avec la méthode ELISA) : Imupro Screen (22 aliments testés), Imupro Screen + (44 aliments testés) ces deux panels peuvent s’effectuer soit sur buvard, soit par prise de sang en laboratoire, Imupro Base (Imupro 100), Imupro Base + (Imupro 200) et Imupro Complet (Imupro 300)

Concernant les tarifs : Imupro Screen : 98 €, Imupro Screen + : 168 €, Imupro Base : 250 €, Imupro Base + : 404 € et Imupro Complet : 516 €.

Comment procéder ? Tout d’abord,  aller sur leur site pour demander un kit d’analyse : http://imupro.fr/obtenez/. Choisir le test que l’on souhaite, faire la prise de sang dans un laboratoire près de chez soi et envoyer l’échantillon par la poste au laboratoire R-Biopharm. 

Comment se présentent les résultats ? Selon le test choisi, les résultats ne se présenteront pas de la même façon : pour les tests Imupro Screen et Imupro Screen +, on reçoit un rapport synthétique, les résultats sont exprimés par indice. Pour les tests Imupro Base et Imupro Base +, on reçoit un rapport plus détaillé avec la méthode d’accompagnement nutritionnel ImuPro individualisée incluant les substituts et enfin, pour le test Imupro Complet, on reçoit un rapport complet avec la méthode d’accompagnement nutritionnel ImuPro individualisée incluant les substituts ainsi qu’un livret de recettes personnalisées et l’accès à ImuPlan offert : plateforme d’aide nutritionnelle sur PC et SmartPhone. 

Les résultats Imupro expriment l’intolérance sur une échelle de 0 à 4 : 

La classe 0 : signifie qu’il n’existe aucune intolérance contre l’aliment testé. 

Les classes 1 et 2 : signifient qu’il existe une intolérance alimentaire contre ces aliments, mais encore à faible titre. 

Les classes 3 et : indiquent une forte intolérance alimentaire contre les aliments testés.

Petite parenthèse (ou devrais-je dire petit coup de gueule) concernant l’application pour smartphone et PC Imuplan :

J’ai testé cette application, que j’ai payé 50 € (le prix si nous n’avons pas fait ses tests d’intolérances alimentaires avec Imupro et si nous n’avons pas pris la version « Imupro Complet » qui offre généreusement cette application). Déjà, je ne trouve pas terrible le fait de faire payer aussi cher une application censé aider les intolérants. Le principe c’est d’indiquer tous les aliments auxquels on est intolérant et d’avoir ensuite des conseils, astuces et recettes prenant en compte ses intolérances. Alors là :

– La liste d’aliments proposés est incomplète, bourrée d’erreurs et de répétition d’aliments

– Les « trucs & astuces » proposés ne sont rien de plus que les banalités proposées sur tous les sites ou blogs évoquant les intolérances alimentaires (que l’on trouve gratuitement en deux clics sur internet). Je pensais que pour le prix ils proposeraient quelque chose de plus complet, de plus fouillé.

– Je crois que le must c’est quand même les recettes : il y en a pas énormément déjà  (du coup si on a beaucoup d’intolérances comme moi ET des aliments qu’on aime pas tout simplement, ça limite beaucoup les possibilités) et, chose assez drôle (si ce n’était pas du grand n’importe quoi), systématiquement, ils me proposaient de remplacer dans la recette un aliment que je ne tolérais pas par un autre aliment que je ne tolérais pas plus… (genre remplacer le blé par du riz…). Apparemment, ils n’ont pas prévu de recette pour les gens ayant beaucoup d’intolérances…

   Enfin bref, j’ai trouvé l’expérience vraiment décevante, le concept était pas mal, mais le prix beaucoup trop élevé, parfaitement inutile niveau informations et inadapté pour les poly-intolérants comme moi.

– Deux autres laboratoires parisiens proposent des tests d’intolérances alimentaires :

  • Le laboratoire Cohen : 01 47 55 81 40 situé au 187 avenue Victor Hugo 75116 PARIS
  • Le laboratoire Zamaria : 01 46 47 71 33 situé au 49 avenue de Versailles, 75016 PARIS

Je n’ai malheureusement pas pu avoir plus d’information fiable sur ces deux laboratoires, les tests qu’ils proposent ou leurs tarifs.

 

Avantages et inconvénients des tests sanguin

 

Avantages :

– Complets

– Fiables (même si les mauvaises langues diront le contraire ^^)

– Précis (enfin, selon le test choisi), permet de faire sa « feuille de route » alimentaire

– Plutôt rapide : les résultats arrivent sous 15 jours en général

Inconvénients :

– Prix : peut s’avérer assez prohibitif, selon le test choisi

– Nécessité de faire appel à un laboratoire, ne peut pas se faire seul

 

Petits conseils

 

Petits conseils si tu souhaites effectuer un test d’intolérance alimentaire dans un laboratoire :

– Renseigne toi sur le laboratoire avant de te lancer: quels sont les avis sur le laboratoire ? Quelle est la réputation du laboratoire ? Est-il sérieux ? Les résultats du laboratoire sont-ils fiables ?

– Même s’ils sont plus chers, je te conseille d’opter pour les tests qui proposent le maximum d’aliments testés. Pourquoi ? Tout simplement pour te laisser des options. Je m’explique : si tu choisis un panel de 20 et que tu es comme moi (avec plus d’une trentaine d’intolérances) et, manque de bol, la grosse majorité de tes intolérances se trouvent dans ce panel de 20, comment sauras-tu ce que tu peux manger, les aliments pour lesquels il n’y a pas d’intolérance ? Plus le panel est large et plus tu as de possibilités d’aliments « autorisés ».

– Un dernier point, sur lequel je ne suis pas d’accord, ni avec ce que disent les labos, ni avec ce qui est couramment dit : il ne s’agit pas de retirer totalement des aliments pendant un temps pour les réintroduire progressivement plus tard. Non, il s’agit de retirer DEFINITIVEMENT de son alimentation tous les aliments pour lesquels on a développé une intolérance (même si c’est une petite intolérance pas très sévère). Pourquoi ? Parce qu’une fois que l’intolérance à un aliment est « déclarée » c’est pour la vie… Le corps a développé une intolérance à un aliment ou un composé de cet aliment pour une bonne raison (manque partiel ou totale d’enzyme par exemple) et en réintroduisant l’aliment plus tard, non seulement il sera toujours inscrit dans notre système immunitaire que cet aliment est un « ennemi » mais en plus, le corps n’aura toujours pas les enzyme ou autre pour le digérer et donc on recommencera a abîmer sa muqueuse intestinale avec les conséquences qu’on connais (voir cet article : http://lecercledesinto-chiants.com/informations/paroi-intestinale). Il a d’ailleurs été prouvé qu’en refaisant les tests d’intolérances alimentaires, plusieurs années après (même avec l’éviction des aliments non tolérés) les résultats sont à peu de choses près les mêmes (les taux d’intolérances aux mêmes aliments sont quasiment identiques). Alors, pourquoi on parle de réintroduction ? Là, j’avoue que je ne sais pas… Je pense que c’est un concept plus dangereux qu’autre chose : les personnes penseront qu’après un certain temps elles sont « guéries » (ce qui est faux) et recommencerons à manger comme avant et à abîmer leur muqueuse digestive…

   Il est important de connaître ses intolérances pour pouvoir adapter son alimentation à ses besoins et à ses spécificités immunitaires pour pouvoir mieux lutter contre les maladies, présentes ou à venir… Après, on peut aussi se sentir démuni lorsqu’on reçoit ses résultats (surtout si on a beaucoup d’intolérances) mais, rassure-toi, le blog est là pour t’aider, t’informer et t’aiguiller ^^. Je ne te cache pas que ça ne sera pas forcément facile au début, ce sont de nouvelles habitudes à prendre, et pour beaucoup, c’est aussi passer par la case « sevrage » de certains aliments. Je t’expliquerais dans un prochain article, pourquoi nous pouvons avoir une sorte de dépendance à certains aliments. Cela dit, tous ces changements sont loin d’être insurmontables, c’est miser sur sa santé, investir sur la vie.

As-tu trouvé dans cet article les réponses aux questions que tu pouvais te poser concernant les moyens de détecter tes intolérances alimentaires ? Si tu as des questions ou si tu souhaites partager ton expérience ou encore si tu connais d’autres méthodes, d’autres laboratoires, n’hésite pas à me laisser un commentaire ou à me contacter à l’aide du formulaire de contact du blog.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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